Fake-news, la guerre virtuelle est déclarée

A l’heure où des Trump, Le Pen ou autre Zemmour vomissent les médias (tout en relayant eux-mêmes d’étranges propos), les grands du secteur se voient obligés de réagir. Les accusations à leur encontre s’accumulent et ne cessent de gronder, y compris sur les réseaux sociaux. Populisme, effet de mode ou réalité ? Il est essentiel de se poser les bonnes questions. Et bien entendu de s’en donner les bonnes réponses.


« Une source extrêmement fiable  a appelé mon bureau et m’a dit que le certificat de naissance de Barack Obama est un faux »

L’émergence de celles que l’on nomme fake-news a pris de l’ampleur, et d’autant plus en ces périodes électorales. Est-ce là le son de la fin de l’ère médiatique classique ? Je ne crois pas. Les armes pour contrer ces prises de positions virulentes sortent enfin de l’usine (ou presque).

Une mise en garde du côté Google fin 2016

Nathan Johns (Search Quality Analyst chez Google) mettait déjà en garde les webmasters, en décembre dernier, quant à l’émergence et l’abondance de liens intégrés renvoyant vers des pages se révélant être des fake-news.


« Si vous vous apprêtez  à signaler ou vous plaindre à propos de fausses informations, peut être devriez-vous y penser à deux fois avant de relayer des liens Taboola/Outbrain sur votre site »

La notion de complicité à la propagation de fausses informations pourrait désormais faire partie des critères de référencement du géant américain. Les contrevenants pourront ainsi se voir pris dans les filets de ce qui s’annonce être une vraie chasse aux sorcières. Il en va de la viabilité et de l’attractivité du moteur de recherche (et des sites qui le composent). Au même titre qu’un journal, une chaine ou une fréquence, les informations proposées sur Google se doivent d’être exactes. Personne n’imaginerait trouver du riz dans un paquet de pates, il en va de même pour l’information. Rendons au Gorafi ce qui est au Gorafi. Et laissons-le-lui.

Notons d’ailleurs la très récente annonce du lancement de CrossCheck par Google le 27 février prochain. Ce nouvel outil se base sur la collaboration entre les partenaires et les internautes, visant à « identifier et vérifier les contenus qui circulent en ligne, qu’il s’agisse de photos, de vidéos, de commentaires ou de sites d’actualités ». Nous pouvons compter quasiment 20 médias au côté de Google dans cette grande croisade.

médias cross check

Facebook poursuit l’initiative

En ce frisquet début de mois de février les actions anti-fake-news réchauffent l’horizon médiatique. C’est maintenant au tour de Facebook et de 8 grands médias français de mettre les pieds dans le plat. Le réseau social va donc, en collaboration avec l’AFP, BFMTV, Le Monde, 20 Minutes, France Télévision, L’Express, France Médias Monde et Libération, tenter de stopper la propagation du virus fake-news. L’annonce a été faite ce lundi 6 février, sans aucun doute une prise de position suite aux nombreuses débâcles médiatiques très souvent relayées (si ce n’est systématiquement) par les réseaux sociaux.

Le dispositif lancé par Facebook et ses nouveaux « partenaires » est similaire à celui récemment mis en place outre-Atlantique. En effet, à l’image de ce qui a été fait par Facebook, ABC News, AP, FactCheck.org, Snopes et PolitiFact, le but est de proposer une nouvelle possibilité de signalement aux utilisateurs. En collaboration et nécessitant, en amont, la validation d’au minimum deux des médias signataires, les contenus proposés sur le réseau pourraient se voir habillés d’une pastille mentionnant la potentielle inexactitude (pour ne pas parler de mensonges) des informations présentes. Et pour enfoncer le clou, tout utilisateur faisant l’action de partager ces contenus douteux serait automatiquement alerté à l’aide d’une fenêtre additionnelle.

facebook fake news alert

Une première tentative lancée du côté français qui doit encore faire ses preuves. Les élections seront en quelque sorte l’examen de passage en classe supérieur de cette louable initiative. Le rendez-vous est pris, les attentes sont lourdes. La mission de cette nouvelle brigade anti-contrefaçon médiatique va faire parler d’elle. Promis.

valentin

Valentin Croizard

Assistant chef de projet

Voir tous les articles de l'auteur