Y a-t-il une pénurie de community managers en France?

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Agence digitale spécialisée sur les médias sociaux, Be Angels intervient régulièrement sur des missions d’externalisation du community management auprès d’entreprises de toutes tailles et de tous secteurs. Le recrutement de community managers, juniors ou confirmés, est au coeur de notre métier: nous cherchons régulièrement à étoffer notre équipe, pour servir nos clients dans les meilleures conditions. Pour recruter de tels profils, il y a de nombreuses méthodes, et la recherche sur LinkedIn en fait partie. Et c’est en effectuant cette recherche que cette question a été soulevée: avons-nous suffisamment de « community managers » en France?


Pourquoi cette question? Un simple coup d’oeil à une requête LinkedIn sur les « community managers » actuellement en poste vous en fournira la réponse: LinkedIn recense actuellement un peu plus de 58000 community managers de part le monde, dont voici la répartition très exacte selon LinkedIn:

  • 28646 aux Etats-Unis
  • 5687 en Espagne
  • 4084 au Royaume-Uni
  • 2896 en France
  • 2699 au Canada
  • 2337 en Australie

On observe un rapport de 1 à 10 entre le nombre de CM aux US et le nombre de CM en France, alors que la population américaine est environ cinq fois plus nombreuse seulement. L’Espagne ne compte que 47 millions d’habitants, mais possède presque 40% de community managers en plus. Très schématiquement, il y a un CM pour 23000 habitants chez nous, alors qu’il y en a un pour 10000 aux US et un pour 11000 environ en Espagne. Ce ne sont certes que des statistiques, et il faudrait peut-être comparer le ratio du nombre de CM par entreprise, mais le fait est là: à population égale, nous compterions 2 fois moins de community managers en France que dans d’autres pays occidentaux.

Certes, on pourra dire que les médias sociaux ont débarqué en France avec un léger retard sur les Etats-Unis, et que le fossé se comble peu à peu. On pourra aussi arguer que le tissu économique est différent en Espagne ou au Royaume-Uni. Mais les faits sont là, et de nombreuses entreprises commencent seulement à s’intéresser au community management: ce n’est pas une question de retard, mais simplement de maturité du sujet dans certains secteurs. La demande de CM est donc loin de se tarir, et on a intérêt à donner un sérieux coup d’accélérateur pour former le millier de community managers qui manquent, même si le métier n’est pas forcément un métier tout rose à l’avenir éclatant (voir le chapitre du livre les médias sociaux expliqués à mon boss dédié à ce sujet).

Qu’est ce qui va permettre de combler ce retard? L’investissement principal doit, à mon avis, se faire au niveau de la formation des individus:

  • Formation universitaire ou au sein de grandes écoles, sur des filières spécialisées dans les secteurs de la communication, du marketing: l’ESG, l’ESSCA, l’IDRAC, Novancia, etc. De nombreuses filières intégrant une formation au community management sont désormais proposées aux jeunes diplômés. Des promotions d’une trentaine d’élèves environ par an dans chaque école, ce qui devrait amener de l’ordre de 300  nouveaux CM par an. C’est encore peu.
  • Formation continue: CEGOS, DEMOS, ORSYS, etc. La plupart des organismes de formation professionnelle intègrent désormais ce type de cursus dans leurs programmes. Il s’agit de formations sur 1 ou 2 jours, qui permettent de se former aux techniques de base. be Angels n’est pas en reste, nous proposons nous aussi nos propres programmes de formation, sur mesure en général. Nous avons également lancé un cycle de formations express pour des petits groupes d’une dizaine de personnes qui souhaitent faire le point sur telle ou telle facette du métier. La formation professionnelle devrait également fournir de l’ordre de quelques centaines de nouveaux CM.

Cela permettra-t-il de combler le retard? Je ne le crois pas. En même temps que de nouveaux community managers arrivent, de nouveaux besoins naissent au coeur des entreprises, de nouvelles offres voient le jour, en interne ou au sein d’agences qui externalisent cette fonction. Certains CM, de leur côté, quittent le métier, par choix ou par lassitude, pour aborder de nouvelles fonctions, et souvent plus de responsabilités au sein de leur entreprise.

Le community management a donc encore quelques beaux jours devant lui. La pénurie de CM devrait entretenir une forte demande, et susciter de nombreuses vocations, encore pour quelques années.

 

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