Yammer, le 4×4 des réseaux sociaux d’entreprise

L’actualité de la semaine dans le domaine des RSE (réseaux sociaux d’entreprise), c’est bien entendu le rachat de Yammer par Microsoft pour la coquette somme de 1,2 milliards de dollars (soit un peu plus que a valorisation d’Instagram lors de son rachat par Facebook). Créé en 2008 par David Sacks, Yammer est un peu le 4×4 des RSE, car on peut le déployer sur à peu près n’importe quelle organisation, à partir du moment où on dispose d’un élément de base: un nom de domaine.

Description de cette image, également commentée ci-après

Un principe simple et intelligent

Yammer est en effet un logiciel fonctionnant sur le mode SaaS, sur des serveurs hébergés en dehors de l’entreprise, et dont l’originalité réside dans un système d’authentification basé sur l’extension des adresses email des personnes qui s’y connectent. Ainsi, les salariés de blogAngels peuvent se retrouver sur Yammer en s’authentifiant via leur adresse mail en @blogangels.com. Bien entendu, tout cela est offert gratuitement, et on ne commence à payer qu’au-delà d’un certain nombre de membres, pour avoir accès aux fonctions d’administration…

Le principe est malin, et c’est à mon avis le principal facteur de succès de Yammer.

Pour se connecter à Yammer, il faut utiliser son email professionnel

C’est ainsi que des communautés d’utilisateurs de Yammer au sein de la même entreprise ont vu le jour à la Société Générale  (comme relaté dans Les médias sociaux expliqués à mon boss) ou chez Alcatel-Lucent, et très souvent à l’insu de la DSI ou de l’équipe IT en charge des outils sociaux ou de l’intranet.

Un univers simple et proche de Facebook

Le second facteur de succès, c’est son interface, très simple, et très proche d’un autre standard des médias sociaux, Facebook. Sur Yammer, on retrouve cet univers composé d’un mur, de groupes d’utilisateurs, de profils utilisateurs, de notifications, et une disposition de ces différents éléments et des coloris très proches de Facebook… On y retrouve les mêmes fonctionnalités de partage, d’appréciation – le fameux Like, mais sans le pouce levé – et un affichage des commentaires qui ressemble à son lointain cousin. Bien sûr, ce n’est pas Facebook et la roadmap produit de Yammer s’est peu à peu éloignée de celle de Facebook, mais les similitudes sont étonnantes.

Une approche multi-plateformes

Les médias sociaux sont les meilleurs amis de l’univers mobile, et Yammer l’a très bien compris. Comme Facebook, Yammer a très tôt proposé une version mobile, qui permet de garder le contact avec son réseau et d’échanger avec les autres membres de la communauté. Sur iPhone, l’application est intégrée au centre de notification d’iOS5. Du coup, Yammer s’intègre parfaitement au sein d’entreprises avec des équipes en forte mobilité.

Un très bon deal pour Microsoft

Le modèle de prix de Yammer est peut-être le point faible de cette plateforme. Si la version de base est gratuite, la facture peut vite grimper si on passe dans un mode d’utilisation entreprise, et peut avoisiner 180$ par utilisateur et par an. A comparer à ce que coûtent d’autres solutions entreprise comme la suite Office…

Le modèle de prix de Yammer peut être à double tranchant

On ne sait pas quels sont les revenus exacts de Yammer et si l’entreprise dégage des bénéfices, mais c’est sans doute a première initiative important de l’éditeur en matière de réseaux sociaux, et de réseaux sociaux d’entreprise – si l’on met le ticket dans Facebook et l’intégration de Bing dans ce dernier de côté. Avec Yammer, Microsoft dispose désormais d’une véritable offre entreprise, qui, contrairement à Sharepoint, relève d’une véritable démarche d’utilisation du web social. Ce n’est pas une verrue sociale accolé à un serveur d’entreprise, c’est une formidable outil, qui ne peut qu’attirer l’attention des DSI et autres DRH à la recherche d’un intranet collaboratif.

Comme un 4×4, Yammer passe partout, et donne envie. Des milliers d’entreprises ou de simples organisations non commerciales sont passées dessus, avec succès. Finalement, le grand perdant pour l’heure, c’est Google: dépassé par Facebook auprès du grand public, dépassé par Microsoft dans l’offre réseaux sociaux d’entreprise. La réponse la plus intelligente passera sans doute par une intégration de Google+ à l’offre Google Apps…

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Hervé Kabla

Président

Le monde se divise en 3, ceux qui savent compter et les autres.

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